FIN DE CAMPAGNE : Arguments et observations

Cronique des derniers jours, et commentaires.

Les dernières jours de la campagne ont été marqués par, d'une part, l'entretien le 13 mars de Mme Cauzot par Jean-Pierre Morvan, diffusé sur ses divers médias, dont YouTube, et d'autre part, par un tract de M.Boin (recto, verso), dans nos boîtes aux lettres, présentant des "partenaires de la commune" et annonçant des dernières retrouvailles avec son équipe à 19 h sur la Demi-lune. On peut noter que M. Boin, sollicité, comme Mme Cauzot, par M. Morvan pour un entretien n'a pas donné suite.

Entretien de Madame Cauzot sur TotaleImpro 2.0

L'émission est disponible en replay. Elle est en deux parties et assez longue ; l'entretien se trouve, au bout de deux heures, dans la seconde partie. Ceux qui regardaient sur YouTube pouvaient commenter, et on voyait beaucoup d'encouragements, mais aussi des posts des opposants. (Voir copies d'écran : 13:01, 13:19, 13:21. Les commentaires vus sur YouTube ne se trouvent pas dans le replay).

Sur YouTube, donc, un opposant "@francois-xavierpantanacce552" envoie, en cours de l'émission, maints commentaires, de telle nature que nous demandons déjà quelle mouche a pu le piquer. Sans vouloir s'étendre sur ce point, il y a peut-être un début d'explication venant du fait que Monsieur Pantanacce avait été élu au printemps 2020 comme conseiller sur la liste Palmer. Mais selon le bulletin municipal d'octobre 2021, il avait démissionné en juin, donc à peine un an après. Il avait été en charge du développement économique. Membre du groupe de travail PLU, il avait été "très sensible à l'architecture et au patrimoine". Son bref passage au Conseil a laissé, selon des témoignages, quelques mauvais souvenirs : en séance, des insultes contre un autre membre du Conseil, et également des menaces envers un Dampierrois qui avait un contentieux avec Jérôme Gauliard.

Nous le pensons utile, même si c'est un peu fastidieux, de commenter ses commentaires et apporter quelques précisions.

• « Comment expliquer la présence dans la liste d'une personne qui demande la suppression du PLU ?»

En fait, personne ne demande "la suppression" du PLU, mais, en effet, une personne de la liste a été associée au recours de l'ACVDY, un des quatre qui avaient été déposés. Plus précisément, notre recours était contre la délibération du Conseil l'ayant approuvé au printemps 2023 ; nous avons invoqué, notamment, une "erreur manifeste d'appréciation". Cette question semble avoir comme base une fake news qu'on trouve propagée par Mme Palmer lors de la séance du Conseil de 20 février, c'est-à-dire qu'un recours validé par le tribunal va obligatoirement tout faire tomber.

Généralement, selon une source d'information juridique que nous avons consultée, un principe de divisibilité du PLU s'applique, c'est à dire,
L'annulation d'une partie du PLU peut parfois faire tomber d'autres dominos, mais le juge administratif essaie généralement de limiter la "casse".
Donc,
Si l'erreur manifeste d'appréciation ne concerne que la localisation d'un emplacement réservé (par exemple, un parking jugé inutile ou mal placé), le tribunal prononcera une annulation partielle.
Dans ce cas, seul l'emplacement réservé litigieux disparaît. Le reste du PLU (zonage, règlement de construction, autres emplacements) reste en vigueur.

• «Comment comprendre qu'une tête de liste qui gagne ou a gagné sa vie en tant qu'agent immobilier s'octroie l'urbanisme ?»

Alors, un agriculteur pour l'urbanisme, un ingénieur dans le nucléaire pour la santé, et un agent immobilier pour quoi ? A la tête de la liste Coeur, c'est un promoteur immobilier, et il ne va pas s'occuper d'urbanisme ?

• «Comment comprendre que la sœur d'une commerçante se voit attribué la gestion des commerces ?»

Notre réaction est la même ici que pour la question précédente. Vraiment, M. Pantanacce, être la sœur d'une commerçante peut-il disqualifier quelqu'un dans un petit village comme Dampierre ?

• «Comment comprendre qu'un ancien adjoint, artisan de la prospérité de Mr Gauliard avant les scandales soit parmi vous ?»

M. Pantanacce, membre du Conseil en 2021 et 2022, n'était-il donc pas aussi "artisan" pendant cette période ? Et en faisant des menaces, n'était-il pas du côté de Gauliard dans le contentieux cité ci-dessus ? (En raison de la "prospérité de M. Gauliard", assurée plutôt par Mme le Maire, l'ancien adjoint en question a démissionné en 2022-2023 en prenant contact avec l'association anti-corruption Anticor en vue d'une action en justice.)

Les scandales, justement. Les candidats ont évité d'en parler pendant la campagne. Pendant l'entretien, M. Morvan en avait tendu une perche à Mme Cauzot, mais elle n'a pas réagi. C'est peut-être bien ainsi, mais nous espérons que cela n'empêchera pas le nouveau conseil de tirer les leçons qui s'imposent.

• «Il me semble que Mr Veye a une couleur politique même si c'est difficile à assumer, non ?»

Alors, une couleur politique, c'est interdit ? (Voir aussi ci-dessous.)
Ce genre de remarque semble illustrer ce qu'un commentateur politique entendu à la télé a noté, c'est-à-dire : "tout ce qui a touché au Macronisme est devenu radioactif politiquement", et donc bon à balancer à toute occasion. En plus, en ce qui concerne ce cas particulier, la fois où nous avons eu l'occasion d'échanger quelques mots en politique avec M. Veye, nous ne l'avons pas trouvé "coloré", mais au contraire très remonté contre le président.

• «En habitant Cernay la Ville on connaît surtout les problématiques de Rambouillet Territoire, non ?»

Il est facile de répliquer que, connaissant déjà les problématiques de la CCHVC, c'est un plus de connaître aussi celles de RT.

• «Depuis 40 ans la population de Dampierre est à +/- 10% autour de 1000. Où est le problème ?»

Et le manque criant de logements en France ainsi que l'essor du Château amenant des emplois, ça ne devrait pas faire bouger les choses ? En plus, il faut faire attention : il paraît que lorsque la population d'un village passe en dessous de 1000, les indemnités du maire et des adjoints, déjà assez faibles, baissent de manière significative.

• «"On vit dans un village" dans lequel vous ne vivez pas Claire-Elise»

Mais dans lequel elle a grandi et vécu longtemps, et qu'elle connaît par "coeur", justement...

D'ailleurs, M. Boin et Mme Delville (ainsi que M. Veye dit Chareton, d'ailleurs) ne vivent pas à Dampierre, mais dans le village voisin de Maincourt-sur-Yvette !

Les participants ont peu réagi à ces arguments, essentiellement ad hominem, et nous pensons qu'ils ont eu raison, même si nous les commentons ici.

Tract de la liste "Coeur"

Nous souhaitons formuler ici quelques remarques en rapport avec une catégorie un peu différente d'arguments qu'on trouve dans ce tract (recto, verso), distribué dans les boîtes aux lettres dans les dernières heures de la compagne (l'exemplaire que nous avons eu ayant un peu souffert de l'humidité).

Dans les cinq paragraphes de la face recto, on trouve une série de bonnes intentions, un peu passe-partout, il nous semble. On insiste, par exemple, sur l'adéquation de l'équipe pour "répondre aux attentes de chacun". On comprend quand même, que le Dampierre souhaité est un village plutôt conservateur, le patrimoine et les traditions préservées, un village qui ne désire pas être "étendu".

Le quatrième paragraphe commence par la phrase "Nous ne venons pas de la politique...". En effet, M. Boin ne vient pas de la politique, mais de l'immobilier ( il est de profession un promoteur immobilier). D'ailleurs, c'est aussi le cas de Mme Cauzot, (ex-)agent immobilier du village. Les Dampierrois ont donc choisi de justesse, dans l'immobilier, le local plutôt que, disons, le départemental.

Mais côté verso du tract, qui titre "Les partenaires de la commune à nos côtés", on plonge quand même dans la politique. On nous présente Michel LAUGIER, sénateur, Élodie DUCROHET, conseillère régionale, ainsi que Grégory GARESTIER et Alexandra ROSETTI, conseillers départementaux du Canton de Maurepas. A part la bonne opinion qu'ils ont tous de M. Boin, on apprend qu'ils seraient en mesure d'agir pour Dampierre sur divers sujets, dont les délits routiers, le rachat de biens à l'abandon et pour "soutenir les projets structurants" pour Dampierre. Et surtout, avec le soutien de Mme Ducrohët, il pourrait être question d'une "véritable rénovation de notre patrimoine historique", et, "via le contrat rural", il serait possible "d'obtenir des aides jusqu'à 500 000 €".

Mais qui sont réellement ces personnes dont, personnellement, nous n'avions jamais entendu parler, et que, sauf erreur, nous n'avions pas vus pendant la campagne ?

Michel Laugier : Ancien journaliste, directeur de cabinet de N. About, longtemps maire de Montigny (32 000 habitants), puis maire lui-même de 2004 à 2017, quand la fin du cumul de mandats l'avait obligé à choisir entre maire et sénateur. Étiquette politique UDI. Soutien, pour la mairie de Montigny, de son ancien directeur de cabinet M. Merckaert, ce dernier largement élu au premier tour.

(Voir ici les résultats officiels publiés dans "Toutes les nouvelles".)

Grégory Garestier : Réélu maire de Maurepas (21 000 habitants) au premier tour avec 57 % des voix. Étiquette politique UDI.

Alexandra Rosetti : Candidate pour la mairie de Voisins-le-Bretonneux (10 600 habitants) avec près de 43 % au premier tour et victorieuse au second avec 46 % des voix. Étiquette politique UDI.

Élodie Ducrohët : Une proche d'Alexandra Rosetti et troisième sur sa liste. Étiquette politique UDI. À la tête de CSP Conseil, un "cabinet au service des collectivités publiques".

Donc, des aides jusqu'à 500 000 €. Mais il y a ici une concurrence déloyale ! M.Boin doit être encarté secrètement UDI (formation centriste), mais M. Veye dit Chareton l'est certainement au MoDem (formation centriste aussi) ! Aux législatives, n'a-t-il pas fait campagne avec Mme Bergantz pour notre député Jean-Noël Barrot (un vice-président du MoDem), resté ministre ? C'était, donc, trop tard pour en faire le demande, mais côté MoDem, on aurait peut-être pu avoir, en faisant monter les enchères, 600 000 avec, éventuellement, en plus, en patrimoine historique, un coup de pouce pour rénover le chauffage de l'église !

Plus sérieusement, on comprend que ces "partenaires" étaient sûrement trop occupés avec leurs campagnes électorales respectives pour venir nous voir à Dampierre. Et on se demande si la présence de ces "politiques" n'aurait pas été comprise comme une ingérence dans un village ayant des maires, après la période Dumond, tous sans étiquette, et aujourd'hui deux listes sans étiquette aussi.

Mais une chose qu'on ne comprend pas est l'absence de mention dans le tract que trois de ces quatre personnages sont maires ou anciens maires de communes proches de taille importante.

Et on note aussi que le soutien appuyé de Mme Palmer par voie de presse à la liste "Coeur" n'est jamais mentionné. Est-que cela aurait été "difficile à assumer", pour reprendre les mots de M. Pantanacce ?

La composition du nouveau Conseil

La législation actuelle concernant les élections municipales accorde la moitié des sièges à la liste en tête, et les autres proportionnellement. Le nombre de sièges à Dampierre est 15. Donc 7,5 pour "Agir", puis, moitié-moitié, 3,25 pour "Agir" et 3,25 pour "Coeur". Siéger en tant que moitié ou quart de conseiller posant problème, on applique des arrondis. Le résultat officiel étant 12-3, nous pensons que 7,5 devient 8, puis, pour l'attribution "proportionnelle" des 7 sièges restants, c'est 4-3 en faveur d'"Agir", celle-ci étant en tête. (Sous réserve de confirmation par les textes officiels, si jamais on les trouve.)

En adoptant ce mode de scrutin, on a aussi supprimé le "panachage", c'est-à-dire la possibilité de rayer des noms dans des listes, car il semble qu'on avait tendance à rayer plus volontiers des femmes que des hommes, ce qui contrecarrait l'objectif de parité.

Mais il semble quand même injuste que 50-50 en voix puisse donner 80-20 en sièges. Cela peut éviter des blocages, souvent causés par fractures et polarisations politiques, mais est-ce que cela se produit souvent dans les petites communes peu politisées au niveau local ? Monsieur Veye dit Chareton avait parlé, dans un bulletin municipal il nous semble, de réflexions engagées par des élus d'opposition dans les Yvelines pour proposer des alternatives moins injustes. Peut-être serait-il possible d'aborder le sujet avec certains législateurs, le sénateur Laugier, justement, et Mme la député Bergantz, ainsi que M. Barrot.